Doreen Kimura Psychologie

Psychologue spécialiste du comportement Expert mondial sur la différence entre les sexes au niveau du cerveau. A écrit le livre « Sex & Cognition » qui argumente sur le fait qu’il existe vraiment une dífférence entre le cerveau des hommes et des femmes.

"Ne prenez pas trop au sérieux les conseils des gens qui soi-disant en savent plus que vous. Tant que vous découvrez des choses nouvelles, que personne n’avait découvert avant vous, vous êtes sur le bon chemin. "

L'histoire

Un jeune étudiant est assis à une table, prêt à faire le test, tandis qu'une étudiante de troisième cycle est  en train de préparer son chronomètre de l’autre côté de la table. Elle lui donne une feuille de papier, sur laquelle sont imprimées de nombreuses rangées de petites images, puis elle démarre le chronomètre. L'étudiant qui fait ce test est payé  $10 pour une demi-heure passée à cocher des images formant une paire (pour un exemple de ce test voir page 86.) Dès qu’il a fini une page, elle pose une nouvelle feuille devant lui, jusqu'à ce que les deux minutes soient finies. Puis elle lui donne encore d'autres tests similaires. Lorsqu; il a fini, d'autres étudiants, garçons et filles, entrent dans la pièce et à leur tour font le test, deux minutes à chaque fois pour chaque test.
Les sujets du test ont été choisis au hasard afin de représenter une sélection représentative de l’ensemble de la population étudiante, provenant de différents milieux, d’âges différents, de taille et de poids différents etc.... Plus tard, une fois qu’une centaine de sujets ont été testés, l’étudiante de troisième cycle organise les résultats pour voir combien de rangées d’images ont été correctement appariées par les étudiants garçons et combien par les étudiantes. Le traitement des résultats prend de nombreuses heures de calcul et de tabulation soigneux, ainsi qu’une analyse statistique attentive. Quelques jours plus tard, Doreen Kimura vient jeter un coup d’œil aux résultats, et immédiatement elle constate que ceux-ci sont intéressants.

As a young scientist...

Doreen Kimura a passé son enfance et est allée à l’école à  Neudorf, une petite ville située près de Qu’Appelle Valley dans le sud du Saskatchewan. Il n’y avait pratiquement aucune possibilité d’étudier les sciences dans les écoles qu’elle fréquentait, et c’est pourquoi ses premiers intérêts furent l’écriture, les langues et l’algèbre. A l’âge de 17 ans elle arrêta ses études avant la fin de l'école secondaire pour devenir institutrice dans une petite école rurale du Saskatchewan et du nord du Manitoba. Pendant qu'elle était dans le Manitoba elle vit une petite annonce dans un magazine pour professeurs, qui proposait une bourse d'admission à l'Université McGill de Montréal. Elle posa sa candidature, juste pour s’amuser, et fut admise !
A  McGill, son intérêt pour la psychologie fut éveillé par le fait d’avoir Donald O. Hebb comme professeur dans son cours d’introduction à la psychologie. Hebb était le fameux neurologue qui identifia les structures du cerveau qu’il appela les assemblages de cellules ou ce qu’on appelle maintenant les synapses hebbiennes. Sa théorie a guidé des expériences qui ont précédés la théorie des réseaux neuronaux, un outil désormais important dans la recherche sur l’intelligence artificielle. Après que Kimura ait obtenu son doctorat (PhD) en psychophysiologie — l’étude de la façon dont la biologie du cerveau affecte le comportement et les expériences — elle passa deux années à faire des recherches post-doctorales à l’Institut Neurologique de Montréal avant de travailler à l’université de Californie, au Centre Médical de Los Angeles et au Zurich Kantonsspital en Suisse. Elle devint professeur de psychologie à l’Université de Western Ontario en 1967, où elle travailla pendant trente ans. Elle est aussi à la tête d’une petite entreprise de conseil qui vend des tests neuropsychologiques qu’elle a développé. En 1998 elle a déménagé à Vancouver et commencé à travailler pour le département de psychologie de l’Université Simon Fraser.
Doreen Kimura est aussi le président fondateur de la « Society for Academic Freedom and Scholarship » (Société pour la liberté académique et les bourses) et elle s'inquiète des nouvelles attitudes dans l'environnement de recherches de l'université. Par exemple, certains domaines de la recherche scientifique sont maintenant méprisés car certaines personnes pourraient prendre ombrage des résultats des recherches, en raison de la description qui serait faite des possibilités de certains groupes (comme les personnes âgées ou les femmes). Elle n’aime pas non plus l’emphase actuelle sur la recherche en collaboration. « Ces deux tendances tuent la liberté créative de l’individu. Il faut juste avancer, et découvrir les choses par soi-même, et c’est ce qui caractérise un bon scientifique” déclare Doreen Kimura.

La science

Les psychologues du comportement étudient le fonctionnement du cerveau humain afin de comprendre comment les gens différent les uns des autres. Une des méthodes utilisées est de donner des tests psychologiques. Doreen Kimura étudie en ce moment la façon dont les cerveaux des hommes et des femmes traitent les informations différemment — leur fonctionnement cognitif. Elle examine aussi comment les produits chimiques naturels produits par notre corps, les hormones, correspondent à différents modèles cognitifs chez l’homme et la femme, de la même façon qu'il existe des différences d’asymétrie physiques chez l'homme et la femme. Les chercheurs ont par exemple découvert qu'en général, les hommes avaient un testicule droit plus développé et les femmes le sein gauche plus développé.

Les recherches de Kimura ont montré que, en général, les hommes ont de meilleurs résultats que les femmes dans toute une gamme de tâches spatiales, principalement lorsqu’un objet doit être identifié dans une orientation altérée ou après certaines manipulations imaginaires comme le pliage. Les hommes ont aussi de très bons résultats en ce qui concerne les tests de raisonnement mathématique, et la différence entre les sexes devient encore plus notoire lorsqu’il s’agit de brillants mathématiciens. Les femmes, d’autre part, sont en général plus douées lorsqu'il s'agit de se rappeler l’arrangement spatial d’une gamme d’objets, d’examiner une série d’objets pour trouver des paires, ou lorsqu’il s’agit de mémoriser des mots, que ce soient des listes de mots ou des paragraphes avec une signification. Ces différences entre les sexes se remarquent généralement dès le jeune âge et durent toute une vie. Elles ne sont pas non plus liées à une culture spécifique.

Doreen Kimura fait aussi des recherches pour essayer de comprendre pourquoi les femmes sont avantagées par rapport aux hommes lorsqu’il s’agit de se souvenir du matériel verbal. Elle a montré que cet avantage s’applique aux mots comme « idée » qui est convoyeur d’un concept abstrait, aussi bien qu’au mot « pomme de terre » qui nomme un objet réel. Bizarrement elle s’est aperçu qu’en général les femmes ne se rappellent pas mieux des mots n'ayant aucune signification comme « borgin » (en anglais), et elle approfondit ses recherches à ce sujet.
Les expériences de Kimura ont pour but unique d’approfondir la connaissance humaine en ce qui concerne les différences homme femme, et ne sont pas destinées à une application pratique. Cependant, dans un environnement où il peut être politiquement dangereux de questionner des notions populaires comme celles de l’égalité entre les hommes et les femmes, sa recherche est perçue comme étant très controversée.  Doreen Kimura croit qu’il est naturel pour les hommes et les femmes de choisir des carrières différentes, et de préférer des emplois qui correspondent mieux à leurs talents innés.
D’après elle, le nombre plus important d'hommes dans le domaine des mathématiques, de l'informatique, de l'ingénierie et de la physique est un fait de la vie et elle critique les initiatives récentes visant à augmenter le nombre de femmes actives dans ces domaines. Elle déclare :  « Se lancer dans un processus coercitif d'ingénierie sociale afin d'équilibrer la représentation distinctive des sexes pourrait bien être la pire des discriminations. Cela sert également à entraîner des gens dans des activités qu’ils n’apprécieront pas et pour lesquelles ils 'n'ont aucun talent. »

sex differences in the brain
Les Images par: Fedak Medical Illustrations

1. Test de rotation mentale: Dans ce test, il faut associer l’objet qui se trouve à gauche avec deux autres se trouvant à droite. En général, les hommes arrivent à identifier les objets appariés pivotés plus vite que les femmes; en revanche les femmes arrivent mieux à associer des objets qu'elles doivent retrouver dans toute une série d'objets.

2. L’aphasie, ou les troubles de la parole, peuvent se produire quand le cerveau des gens est endommagé par un accident ou une maladie. Chez les femmes, l’aphasie se produit le plus souvent lorsque le dommage au cerveau se trouve sur le devant de celui-ci ; chez les hommes ces désordres se manifestent quand le cerveau est atteint à l’arrière.

3. Kimura compte le nombre de petites crêtes entre deux points spécifiques sur l’empreinte digitale d’une personne. Les gens avec un grand nombre d’arêtes sur la main gauche sont plus doués pour des tâches « féminines » comme les tests d'appariement visuel ci-dessus. En moyenne, tout groupe échantillon aura plus de crêtes sur la main droite. Mais Kimura a découvert qu’en moyenne, les groupes de femmes et d’homosexuels présentaient un plus grand nombre de crêtes sur la main gauche. Certaines personnes considèrent que les découvertes de Kimura sont controversées et voudraient croire qu'il n'y a aucune différence entre hommes et femmes, ou homosexuels et hétérosexuels, ou que ces différences ne sont pas biologiques mais apprises. Kimura a passé une vie entière à faire des recherches qui indiquent qu’il y a des différences biologiques entre hommes et femmes, et bien qu'elle ait un peu diminué l'importance donnée à cette étude des crêtes des empreintes digitales, elle continue à affirmer qu'elles tiennent toujours la route du point de vue scientifique.

Mystery

Kimura ne nous a offert aucun mystère à résoudre pour les générations futures, nous disant que c’est l’imprédictibilité de la science qui la rend intéressante.
Pour continuer l’exploration

  •    Doreen Kimura, Dissenting Opinions, 3 Wolves Press, 2002.
  •    Doreen Kimura, Sex & Cognition, MIT Press, 2000.
  •    Doreen Kimura, “Sex Differences in the Brain,” Scientific American, May 2002.

La page de Kimura sur Internet : www.sfu.ca/~dkimura

Carrière

Alors comme ça vous voulez devenir un psychologue comportementaliste
En partant du principe qu'une éducation universitaire fasse partie de votre futur, Kimura ne recommande pas de prendre des décisions à ce sujet dès l'école secondaire. Elle déclare "Je pense que la meilleure des méthodes consiste à prendre une variété de cours dans la première ou deuxième année d'université, afin de savoir ce qui vous intéresse vraiment et ce pour quoi vous êtes doué.” Si dans votre vie vous faites des choses que vous aimez et que vous faites bien, et bien c'est formidable non? Si vous êtes intéressé par la neuropsychologie, il faudra que vous suiviez un cours d'introduction à la biologie et des cours en physiologie et en neuroscience.
Les gens qui deviennent psychologues travaillent souvent dans un cadre clinique ou académique. Les neuropsychologues des hôpitaux évaluent les patients qui présentent des dommages au cerveau à la suite d’accidents, de maladies ou de naissance. La description précise des possibilités d’une personne peut l’aider à prévoir son trajet de rééducation par exemple, ou permettre de dire à quel moment elle pourra retourner au travail. Des tests neurologiques aident également à diagnostiquer des désordres du cerveau et permettent de décider si la chirurgie ou une autre thérapie sont nécessaires.
Les gens qui choisissent de devenir des professeurs d’université ou des enseignants en collège effectueront des recherches similaires au travail décrit dans ce chapitre. Ils donneront des cours aux étudiants et conduiront des séminaires avec des étudiants de deuxième cycle.
Tous les psychologues professionnels doivent obtenir un diplôme de troisième cycle, généralement un doctorat. Au cas où ils se destinent à une carrière de cliniciens, ils doivent effectuer tout un parcours de formation et de passage d’examens afin d’être licenciés ou enregistrés dans la province ou l'état où ils travaillent. La durée nécessaire pour obtenir un doctorat, à partir d’un diplôme de baccalauréat, est variable, mais il vous faudra au moins quatre ans, souvent plus longtemps. Un programme de doctorat requiert aussi que vous fassiez de la recherche et rédigiez une thèse (un document de la longueur d’un livre) basé sur une recherche originale.
La carrière de Doreen Kimura a commencé avec un programme de baccalauréat spécialisé en psychologie à l’université de McGill, qu’elle commença en troisième année d’un programme total de quatre ans. Elle obtint alors une maîtrise spécialisée sur un aspect d'asymétrie du cerveau. La recherche qu'elle effectua pour son doctorat portait sur rôle des lobes temporaux du cerveau dans la perception du langage et la mémoire.
Comme de nombreux jeunes, Kimura a commence des études de psychologie parce qu’elle voulait faire quelque chose lui permettant d’aider les autres. « Mais une fois que j’ai commencé à faire de la recherche, j’étais beaucoup plus intéressée par la façon dont les choses fonctionnaient réellement et bien que j’ai fait quelques évaluations et que j’ai bien aimé le faire, c’est une occupation qui est devenue secondaire aux questions de recherche » dit-elle. Elle a par la suite travaillé comme superviseur clinicienne à l’université de Western Ontario, à la fois comme neuropsychologue à l’hôpital de l’université ainsi qu'au département de psychologie de l'université, où elle guidait les patients neurologiques et encore au département de Psychologie de l'Université où e;;e supervisait les travaux des étudiants de troisième cycle en neuropsychologie clinique. Son emploi à l'université était son occupation principale.
Ses recherches l’ont aidée à améliorer le diagnostic de désordres après des dommages cérébraux et de nombreux tests qu’elle a conçu sont devenus largement utilisé en neuropsychologie clinique; c’est ainsi qu’elle a fini, après tout, par aider les autres. Doreen Kimura déclare : « C’est souvent le cas : ce que nous considérons être de la recherche « pure » peut finir par être aussi utile aux patients que des activités conçues spécialement pour les aider. C’est l’une des plus importantes raisons d‘aider la recherche pure, celle qui n'est pas destinée à être utile mais qui est uniquement guidée par une recherche de la vérité. »
Dans une journée typique de prof de psychologie, Doreen Kimura prépare des conférences pour ses cours, dirige des recherches à l’université sur des « gens ordinaires » et à l’hôpital sur des patients en neurologie. Elle examine les données obtenues par la recherche et analyse celles-ci pour découvrir ce qui pourrait se passer — pour voir par exemple si le niveau d’hormones sexuelles chez un individu est en rapport à ses capacités de perception spatiale. Elle passe aussi pas mal de temps à rédiger des rapports sur ses trouvailles expérimentales, afin de les présenter lors de conférences et pour les publier dans la presse spécialisée. Une grande partie des recherches est effectuée par des étudiants de troisième cycle dirigés par Doreen Kimura, et elle doit prendre le temps de les rencontrer et de discuter avec eux de chaque étape des recherches; de cette façon les étudiants reçoivent une formation en recherche académique et en rédaction.
L’essentiel pour Kimura est le suivant :  « Une super bonne journée est une journée où nous découvrons quelque chose de nouveau, à partir de nos recherches. C’est ce que je préfère dans ma carrière, étudier les donnés. Ce que j’aime le moins est de préparer des cours, car cela me mange le temps que je pourrais consacrer à la recherche. »

Career ideas:

  • Conseillant (comme la carrière, émotif, matrimonial, de l'adolescence, etc.)
  • Psychologie clinique
  • Psychologie expérimentale
  • Psychologue comportemental de modification
  • Psychologue d'enfant
  • Psychologue clinique
  • Psychologue cognitif
  • Psychologue développemental
  • Psychologue éducatif
  • Psychologue de technologie
  • Psychologue industriel
  • Neuropsychologist
  • Psychologue d'organisation
  • Psychologue militaire
  • Psychothérapeute
  • Psychologue de recherches
  • Psychologue d'école
  • Psychologue social
  • Psychologue de sport
  • Psychologue professionnel

La personne

Date de naissance
15 février 1933
Lieu de naissance
Winnipeg, Manitoba
Résidence
Vancouver, Colombie-Britannique
Membres de famille
  • Mère : Sophia N. Hogg
  • Père : William J. Hogg
  • Fille : Charlotte
Personnalité
Indépendante, non-conformiste, sûr de soi
Musique préférée
Blue Rodeo, R & B, Rolling Stones, Beethoven, Bach, Mozart
D'autres intérêts
Activisme politique
Titre
Professeur invité
Bureau
Département de la psychologie, université de Simon Fraser
Situation
Semi-retired
diplomes
  • BA (psychologie) Université McGill, 1956
  • MA (psychologie expérimentale) McGill, 1957
  • PhD (psychophysiologie) McGill, 1961
Recompenses
  • Prix pour Contributions distinguées à la psychologie canadienne en tant que science
  • Société canadienne de psychologie, 1985
  • Prix pour réussite scientifique remarquable
  • Association canadienne pour les femmes dans les sciences, 1986
  • Membre, American Psychological Society
  • Membre, Société royale du Canada
  • Prix John Dewan, La fondation ontarienne de la santé mentale, 1992
  • Doctorat honoraire de l'Université Simon Fraser, 1993
  • Prix Sterling à l'appui de la controverse, Université Simon Fraser, 2000
  • Prix Furedy pour la liberté académique, Society for Academic Freedom and Scholarship, 2002
  • Chercheuse distinguée, Société Canadienne des Sciences du Cerveau, du Comportement et de la Cognition, 2005
  • Prix Kisler, 2006
Mentor
Donald O. Hebb et Brenda Milner, professeurs de psychologie de McGill qui lui ont appris à penser au comportement en terme de système nerveux.
Dernier mis à jour
5 avril 2015
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question #1458

Je suis un instructeur d'armes à feu pour des dirigeants d'application de loi. J'enseigne un cours sur les dirigeants masculins et féminins de formation. Je suis-vous curieux si là apprennent des différences entre les mâles et les femelles et si oui, recommanderiez-vous les divers modèles ou techniques qui sont salutaires pour chaque sexe ? (auditoire d'i.e.visual, cinétiques ?)

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