Sandra Witelson

Médecine

Neurosciences, la base biologique de la cognition dans les cerveaux mâles et femelles.

"Nous avons tenu le cerveau d'Einstein dans nos mains et nous sommes rendus compte que c'est l'organe qui était chargé de changer nos perceptions de l'univers, et nous étions étonnés."

En Juin 1999 Witelson a attiré l'attention mondiale quand elle a publié «Le cerveau exceptionel d'Albert Einstein» dans la revue médicale britannique The Lancet. L'article a discuté des découvertes de Witelson et ses co-chercheurs - Debra Kigar, une associée de recherche et Thomas Harvey, un pathologiste retraité du New Jersey et le gardien du cerveau d'Einstein. Ils ont comparé les mesures anatomiques du cerveau du physicien avec le cerveau de 35 hommes et 56 femmes qui avaient une intelligence normale. (Le cerveau a été retiré et conservé à la mort d'Einstein en 1955 à l'âge de 76.) Harvey avait contacté Witelson parce qu'elle possède l'une des meilleures banques de cerveaux dans le monde à l'heure actuelle.

La collection de cerveaux de Witelson à l'Université McMaster contient maintenant plus d'une centaine de cerveaux. Alors que plusieurs autres banques de cerveaux dans le monde sont composées majoritairement de cerveaux de personnes décédées de diverses maladies neuropsychiatriques comme la chorée de Huntington ou la maladie de Parkinson, la collection de Witelson contient des cerveaux de gens dont la capacité cognitive était jugée normale. Ces personnes ont accepté de faire don de leur cerveau et de prendre des tests neuropsychologiques avant de mourir d'un cancer métastatique. La collection de cerveaux est une ressource pour les neuroscientifiques dans le monde entier; des échantillons de tissus ont été donnés à des dizaines de chercheurs à ce jour.

Le cerveau d'Einstein a été jugé semblable à la cervelle d'autres à l'exception de la région pariétale inférieure. Grâce à un surdéveloppement de cette région sur les deux côtés, le cerveau d'Einstein était de 15 pour cent plus grand que les cerveaux dans d'autres études. Selon Witelson, la cognition visuo-spatiale, la pensée mathématique, et l'imagerie du mouvement sont fortement dépendantes de cette région.

Witelson examine également les différences individuelles dans la structure des régions du cerveau qui sont impliquées dans le langage et la cognition spatiale. Ses techniques comprennent l'anatomie post-mortem, la neuroanatomie microscopique, l'immunocytochimie et l'imagerie par résonance magnétique in vivo. Elle s'intéresse également à la neurobiologie du développement de la dyslexie et la différenciation sexuelle du cerveau humain en relation avec le comportement et l'asymétrie cérébrale. Elle et ses collègues ont observé que les différences gauche-droite dans l'anatomie des régions linguistiques existent à la naissance. Son travail a également révélé de nombreuses différences dans l'anatomie du cerveau entre les hommes et les femmes. Par exemple, les femmes ont une plus grande densité de neurones (cellules cérébrales) que les hommes dans la partie du cortex associée à la langue. D'autres travaux ont révélé des différences neurobiologiques entre les personnes hétérosexuelles et homosexuelles. Exemple : la senestralité (la tendance d'utiliser la main gauche) est prédominante chez les homosexuels. En plus, Witelson a montré que 94% de la variation de la taille du corps calleux (la principale voie interhémisphérique) est attribuable à l'hérédité. Elle s'intéresse également à la relation entre la structure du cerveau et les capacités cognitives, récemment montrant que la taille du cerveau est fortement liée avec les résultats des tests d'intelligence.

 

Source: Witelson page personnelle, McMaster Times, Courier McMaster. Photo, page McMaster.

 

La jeune scientifique ...

Witelson a toujours été intéressé par les sciences biologiques. Son père était un comptable agréé, mais il a lu des centaines de livres dans leur maison : il était un intellectuel. Jeune, Witelson dévorait les livres dans la collection familiale sur le corps humain. Dès le début, elle s'est intéressée à la façon dont le corps était structuré. Pendant ses études à l'université McGill, elle rêvait de devenir un mathématicien, parce qu'elle avait réusiit dans ce domaine à l'école secondaire. Mais assez tôt, il est devenu clair que ses confrères et consoeurs étaient plus habiles en mathématiques qu'elle. Elle a donc trouvé un sujet plus biologique à explorer : la psychologie.

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