Sid Altman

Biologie moléculaire

A découvert l'ARN catalytique, réussite pour laquelle il a mérité le Prix Nobel en 1989

"Ne vous inquiétez pas si les choses changent. Faites simplement ce que vous faites de mieux."

Nous sommes en 1970 par une journée de juin exceptionnellement chaude. Sid Altman est inquiet. Il n’a aucun emploi en perspective, et peu de résultats à présenter au bout d’une année de recherches dans le laboratoire de Francis Crick et Sydney Brenner à Cambridge, en Angleterre. Crick est le co-découvreur de l’A.D.N (acide désoxyribonucléique), la molécule qui encode l’information génétique permettant à la cellule de savoir comment fonctionner et grandir. Pour Altman, c’est un honneur incroyable d’avoir été invité dans ce laboratoire célèbre; à l’heure actuelle, c’est probablement le meilleur endroit du monde pour faire la recherche génétique. Mais il ne reste plus que deux semaines à Altman avant son départ, et il n'a aucune idée de l'endroit où il ira, ou de ce qu'il fera par la suite.

Il travaille sur des cellules mutantes dont l’ARN de transfert (acide ribonucléique de transfert) fonctionne mal; cette substance fait partie du système cellulaire qui décode les instructions dans l’ADN. L’ADN et l'ARN sont de longues molécules tordues (pour de plus amples informations sur ces molécules, voir le profil de Michael Smith à la page 145.) Pour la millième fois au moins, Altman prend une plaque de verre sur laquelle se trouve une mince couche de gel. Cette plaque est spéciale; Altman s'en servira pour tenter une nouvelle expérience, quelque chose que personne n’a jamais essayé avant lui. S’il arrivait à isoler un type d'A.R.N spécial, appelé “arn-précurseur,” il pourrait alors expliquer un grand nombre de choses sur la lecture du code génétique à partir d’un filament d’ADN.

Après avoir déposé quelques gouttes d'une substance préparée à partir de cellules mutantes sur le gel, Altman place la plaque dans un champ électrique. Cette technique, appelée électrophorèse, est une méthode standard utilisée pour séparer des composants chimiques. Le champ électrique entraîne le déplacement des différents composants à des vitesses différentes à la surface du gel. Altman attend plusieurs heures, puis il place un film photographique au-dessus du gel. Des quantités minimes d’atomes radioactifs utilisés comme marqueurs au sein de l’ARN émettent des rayons X qui laisseront des bandes caractéristiques sur le film.

En compagnie d’un ami, Altman emporte ce dernier morceau de film dans une chambre noire pour le développer. Au bout de quelques minutes les deux jeunes scientifiques voient tous deux la même chose: une simple tache blanche sur le négatif, mais celle-ci fait naître une pensée dans l’esprit d’Altman: “Maintenant je peux obtenir un boulot.”

Il vient de faire le premier pas dans une longue série d’expériences qui lui apporteront célébrité et succès.

Altman a travaillé un an encore dans le laboratoire de Crick, puis il est devenu professeur de biologie à Yale.

 

Le jeune scientifique ...

Sidney Altman a grandi à Montréal, dans la banlieue de Notre Dame de Grace. Jeune, il aimait les livres. Il pratiquait les sports et l'écriture aussi, mais la bibliothèque était une des places qu'il fréquentait le plus. Il lisait un peu de tout, incluant les romans, les livres sur les sports et la science.

Quand Altman avait douze ans, on lui a donné un livre intitulé Explaining the Atom de Selig Hecht. Dans ce livre, Altman a découvert un aspect intéressant des sciences, soit la capacité de prédire certains événements. Cette découverte a eu un impact énorme sur le garçon : il décida à ce moment de devenir scientifique. Il ajoute une nuance « Je n'étais pas intéressé par la biologie dans le temps. J'aimais plutôt la physique nucléaire ».

Un samedi après-midi, quand Altman fréquentait l'école secondaire, un ami lui a proposé d'aller à l'Université McGill pour passer les SAT. Ces examens d'aptitude scholastiques consistent en une étape à franchir dans l'application à toute université américaine. Jusque là, Altman avait seulement considéré de rester au Canada pour faire ses études; il se serait inscrit à McGill. Décidant de tenter sa chance, il accompagna son ami et écriva les examens SAT. Ensuite, Altman et son ami appliquèrent à l'Institut de technologie du Massachusetts à Boston. Altman est accepté, mais pas son ami.

La famille d'Altman a se dépêcher de rammaser l'argent nécessaire pour l'envoyer à cette école renommée, et il n'était même pas certain de vouloir la fréquenter. Il y a eu beaucoup de discussions dans le ménage d'Altman à ce sujet. Mais après avoir passé trois semaines au MIT Altman a su qu'il voulu rester ; il a été impressionné par le calibre élevé des étudiants et il a vraiment eu du plaisir à vivre loin de la maison.

Il a reçu son Baccalauréat en sciences du MIT, puis est allé à ll'école médicale de l'Université du Colorado à Boulder, où il a obtenu son doctorat (PhD) dans la biologie moléculaire. C'est aussi là où il a rencontré Leonard Lerman, un professeur de biologie moléculaire. Lerman a joué un rôle important dans l'obtention d'un stage postdoctoral pour Altman dans le laboratoire de Crick et Brenner en Angleterre. Dans ce laboratoire, il a commencé sa recherche qui le verra mériter le Prix Nobel. Après avoir connu du succès dans quelques projets, Altman est revenu aux États-Unis et est devenu un professeur à l'Université de Yale. Il n'a jamais renoncé à sa citoyenneté canadienne mais a plutôt une citoyenneté duelle: au Canada et aux Etats-Unis.

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