Barrie J. Frost

Psychologie

Neuroscientifique en vision qui a été le pionnier des recherches sur la façon dont nos cerveaux voient et entendent, et comment les animaux comme les papillons monarque et les oiseaux marins naviguent sur de grandes distances.

Comment les papillons monarques se fraient-ils un chemin en Amérique du Nord vers le Mexique lors de leur migration légendaire chaque automne? Quels indices servent de guide aux oiseaux sur leur parcours migratoire? Comment pourriez-vous concevoir une étude pour le savoir? Au cours des 35 dernières années, le neurologue et psychologue Barrie Frost a travaillé sur la façon dont le cerveau - que ce soit des insectes, des oiseaux ou des humains - traite des images et des sons, et a découvert les réponses à ces questions et à bien d'autres.

Né en Nouvelle-Zélande, Frost a développé très tôt un intérêt pour les oiseaux. Il a d'abord reçu une formation d'enseignant, et a ensuite entrepris une formation scientifique qui l'a conduit à l'Université Dalhousie à Halifax, où il s'est mérité la bourse de recherche Rutherford de la Société royale de Londres. Il a fait des études post-doctorales à l'Université de Californie à Berkeley, puis s'est joint à la faculté de l'Université Queen's, où il continue d'enseigner et de mener des recherches.

 

 

L'un des intérêts récurrents de Frost est la façon dont le cerveau distingue les deux actions suivantes: le mouvement provoqué par le mouvement propre de la tête lors que l'animal marche ou regarde autour de lui, et le mouvement réel dans l'environnement. Un des premiers projets impliquait les petites secousses de la tête branlante des pigeons. Frost a mis un pigeon sur un tapis roulant et a varié le décor de son environnement avec un film. Il a été en mesure de conclure que les mouvements de la tête d'un pigeon permettaient à l'oiseau de prendre des «instantanés» de ce qui se passait autour de lui et donc de contrôler son environnement. Dans un projet récent, l'équipe de Frost a créé un laboratoire de réalité virtuelle où ils ont pu étudier les indices visuels utilisés par un pigeon qui faisait la cour à un compagnon virtuel.

En collaboration avec le scientifique allemand Henrik Mouritsen, Frost a créé un appareil qui permettait à un monarque de voler dans des conditions contrôlées pendant que les chercheurs observaient la façon dont le papillon s'orientait. Les changements dans l'holaire d'ensoleillement que vivait le papillon ont entraîné des changements dans la direction dans laquele il volait - même lorsque les champs magnétiques ont été inversés. Les chercheurs ont conclu que les monarques utilisent une boussole solaire avec compensation dans le temps, plutôt que d'un compas magnétique, pour naviguer pendant le vol.

Frost a identifié le groupe de cellules cérébrales qui permettent aux oiseaux, comme les hiboux et les pigeons, et aux animaux autres que les oiseaux, comme les humains, à utiliser la vue et le son pour juger du temps et de la distance. Son travail a des applications pratiques qui aident déjà les gens. Par exemple, il y a un repère visuel qui permet aux patients de la maladie de Parkinson à surmonter des épisodes d'akinésie (décrochage physique). Sa recherche sur le "temps restant avant la collision" pourrait mener à la modification des phares arrière des autos pour améliorer le temps de réaction lors du freinage. Il travaille également sur une "oreille" miniature artificielle pour les personnes atteintes de la surdité profonde. Cet appareil permettrait aux utilisateurs de "sentir" le son à travers leur peau.

Frost est un professeur, écrivain et orateur public inspirant. Son article "How Owls' Eyes Hear" (Comment les yeux des hiboux entendent), co-rédigé avec le Dr. Hermann Wagner, de l'Institut Max Planck en Allemagne, a été l'histoire à la une de la revue Nature (numéro 26, août 1993). Il a écrit plus de 100 articles de revue et est un des rédacteurs en chef du Journal of Comparative Physiology A.

Frost a été un finaliste pour la Médaille Herzberg 200, et a obtenu un Prix d'excellence du CRSNG cette année-là.

Actuellement, le Dr. Frost travaille avec des scientifiques de l'Université McGill pour créer un appareil miniature GPS qui servirait à suivre la migration annuelle des puffin fuligineux entre le Canada et la Nouvelle-Zélande. Il continue son exploration des processus cérébraux qui permettent aux monarques et puffins fuligineux de migrer.

Photo: le site Web du Dr. Frost

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