Biruté Galdikas

Zoologie, animaux, physiologie, métabolisme

Anthropologue : Spécialiste mondiale la plus connue en ce qui concerne les orangs-outangs.

"J’ai toujours rêvé d’étudier un primate qui n'avait jamais quitté le Jardin d'Eden. Je veux savoir ce que nous avons laissé derrière nous."

La sueur coule de son front et elle a soif. Tout en se battant contre les moustiques, Biruté Galdikas essaye de conserver son équilibre sur un tronc glissant. « Les troncs sont toujours glissants. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est toujours comme ça » se dit-elle. À ce moment, elle dérape et essaye d’éviter une liane couverte d'épines ainsi qu’un arbre à l’écorce toxique, tout en récupérant son équilibre pour avancer péniblement dans la forêt tropicale sombre et humide d’Indonésie. Elle est debout, plongée jusqu’à la poitrine dans l’eau marécageuse de couleur thé ; ses chaussures, ses chaussettes et son jean sont trempés. Elle a mis deux paires de chaussettes, une en dessous de son pantalon et une par-dessus, afin de se protéger des sangsues et autres menaces innommables qui prolifèrent dans l’eau trouble. Elle porte une chemise à manches longues de couleur kaki munie de nombreuses poches et un chapeau d’explorateur en coton acheté dans un magasin de surplus de l’armée.

Tout en reprenant son souffle debout dans le marais, elle remarque deux énormes orangs-outangs mâles qui se tiennent redressés face à face, et se qui lancent des regards furieux en examinant leurs massifs coussinets de joue respectifs. Bien qu’ils ne soient pas si proches l’un de l’autre, elle comprend cependant qu’ils sont prêts à se battre afin d’avoir une chance de s’accoupler avec la femelle que Biruté Galdikas piste depuis plusieurs jours déjà. Elle n’aperçoit en fait que des formes et des ombres qui glissent dans le feuillage dense. Les bruits sont impressionnants : grondements féroces, grognements puissants et terrifiants. Les deux singes luttent et tombent en écrasant les broussailles, ils essayent de se mordre la tête et les épaules. Finalement, l’un des deux s’enfuit dans la jungle. En avançant pour mieux voir, Biruté Galdikas casse une brindille et ce bruit dérange l’autre orang-outang. Il attrape tout d’un coup deux épaisses lianes et se balance jusqu’à n’être plus qu’à un mètre au-dessus de sa tête. Il la fixe dans les yeux et il est si proche d’elle qu’elle sent ses narines la chatouiller sous l'effet de l'odeur rance de sa sueur.

En 34 ans d'observations dans la jungle, Biruté Galdikas n'a vécu que quelques-unes de ces rencontres, car celles-ci sont rares entre orangs-outangs et humains ou même entre orangs-outangs. Mais le message de celui-ci était très clair : « Laisse-moi tranquille.»

Biruté Galdikas en a appris plus que n’importe quel autre humain sur ce que cela signifie d’être un orang-outang et ce qu’elle a découvert, c’est que les orangs-outangs préfèrent plus que tout qu’on les laisse tranquilles. Le territoire d’un mâle adulte recouvre au moins 40 kilomètres carrés et il peut passer des semaines à sauter lentement d’arbre en arbre en manger des fruits, des noix, des insectes, des feuilles et de l’écorce sans jamais rencontrer un autre membre de son espèce.

Biruté Galdikas a consacré sa vie à l’étude des orangs-outangs. Elle voulait comprendre pourquoi ces grands singes n’ont pas évolué comme nos ancêtres, qui sont devenus des êtres humains. Nous descendons d’un autre type de singe ancestral qui a appris à vivre en communauté, ce que n’ont jamais fait les orangs-outangs. Ils n’ont pas évolué pendant des millions d’années, parce que les forêts où ils habitent n’ont pas changé elles non plus ; et ils ont toujours eu assez de nourriture et d’espace pour continuer leur existence solitaire.

REMARQUE : De nombreuses personnes demandent comment devenir bénévoles afin d’aider Biruté Galdikas dans son travail avec les orangs-outangs. Les bénévoles sont toujours les bienvenus, mais il doivent payer leur chambre et pension (environ $5 par jour) lors de leur séjour dans le parc de Tanjung Puting. La durée typique d’un séjour est de six semaines. Biruté Galdikas ne peut pas répondre aux demandes individuelles. Veuillez contacter la « Orangutan Foundation International » :

S. Wellesley Avenue
Los Angeles, CA 90049, U.S.A.
Tel: +1 (310) 207-1655; fax: +1 (310) 207-1556
E-mail: ofi@orangutan.org
Web: http://www.orangutan.org/

La jeune scientifique ...

Depuis l’âge de 5 ans, Biruté Galdikas s’est toujours demandé d’où venaient les êtres humains. Elle savait qu'ils descendaient d’anciennes races de singes mais voulait en apprendre plus. À 12 ans elle adorait se promener dans les sections les plus sauvages de High Park a Toronto, où elle s'amusait à jouer à l’indien Huron ou Iroquois quand celui-ci se faufile dans les bois et ne fait qu’un avec la nature. Elle passait des heures à jouer ainsi, en observant calmement et secrètement les animaux sauvages dans le parc.

Lorsqu’elle commença ses études à l’université, elle combina son amour de la nature avec sa curiosité pour les grands singes en étudiant la psychologie et la biologie. À 22 ans, tout en préparant sa maîtrise en anthropologie à l’université de UCLA, Biruté Galdikas rencontra le Dr. Louis Leakey qui était connu pour sa découverte des restes fossiles d'êtres humains primitifs en Afrique. Leakey aidait Dian Fossey dans ses études des gorilles de la montagne ainsi que Jane Goodall, qui travaillait sur le comportement des chimpanzés. Leakey et la National Geographic Society ont aidé Biruté Galdikas à développer un camp de recherche à Bornéo pour étudier les orangs-outangs. Son mari, Pak Bohap, un cultivateur de riz de Bornéo est un président tribal et le co-directeur du programme indonésien sur les orangs-outangs.

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