Biruté Galdikas

Zoologie, animaux, physiologie, métabolisme

Anthropologue : Spécialiste mondiale la plus connue en ce qui concerne les orangs-outangs.

"J’ai toujours rêvé d’étudier un primate qui n'avait jamais quitté le Jardin d'Eden. Je veux savoir ce que nous avons laissé derrière nous."

Biruté Galdikas est anthropologue. L’anthropologie est l’étude des êtres humains, mais les études de Galdikas portent sur l’anthropologie physique, qui consiste à étudier l’évolution et nos ancêtres ainsi que nos cousins les grands singes, afin de nous aider à comprendre les mystères de la nature humaine. Biruté Galdikas vit et travaille depuis plus de 30 ans dans la forêt vierge parmi les orangs-outangs. Durant cette période elle a fondé la Fondation Orang-outang International ainsi que d’autres groupes de soutien aux orangs-outangs à travers le monde. Elle est aussi professeur à l’Université Simon Fraser à Burnaby, en Colombie Britannique. Elle a écrit des articles pour National Geographic, Science et d’autres périodiques, ainsi que plusieurs livres sur les orangs-outangs.

Environ 200 orangs-outangs vivent dans le « Orangutan Care Centre and Quarantine » que Biruté Galdikas a établi à Kalimantan Tengah dans la partie indonésienne de Bornéo, Le centre remet en liberté environ une trentaine d’orangs-outangs par an, mais il en arrive toujours plus qui se sont retrouvés orphelins en raison du développement des plantations de palmiers à huile ; celui-ci contribue à la destruction de la forêt tropicale humide à un rythme alarmant. Galdikas passe de plus en plus de temps dans ses efforts de conservation et d'action afin de préserver la forêt sauvage tropicale où vivent ses animaux d'études. En 1998 elle a réussi à convaincre le gouvernement indonésien à mettre de côté 76000 hectares afin de constituer une réserve naturelle pour les orangs-outangs. À l'heure actuelle, elle est en pleine bataille pour arrêter l'expansion des plantations de palmiers à huile dans le parc national de Tamjung Puting, qui recouvre 400000 hectares. « Bien que je sois une scientifique, les animaux que j'étudie sont en voie d'extinction donc j'ai du m'impliquer dans l’action politique. » D’après Galdikas, il ne reste plus qu’environ 6000 orangs-outangs dans le parc.

Des décennies d’observation lui ont permis de faire de nombreuses découvertes concernant les orangs-outangs. « Nous savons maintenant qu’ils ont le plus long des intervalles de naissance de tous les mammifères " dit Galdikas. Une femelle aura son premier bébé à l’âge de 15 ou 16 ans, puis une durée d'environ 8 ans s’écoulera avant l'arrivée du second bébé. Cet espacement des naissances est principalement dû à la longue période qu'un orang-outang doit rester avec sa mère afin d'apprendre à vivre dans la forêt tropicale. Celle-ci est riche en dangers, et il y existe des centaines de manières différentes de trouver et de préparer la nourriture.

Biruté Galdikas et son équipe ont contribué à la connaissance médicale vétérinaire des orangs-outangs, y compris dans les traitements contre la malaria, les parasitoses du ver solitaire, et les infections de la poche de la gorge.

 

Orangutan mother and baby.1. La forêt tropicale

La forêt tropicale humide est l’un des milieux naturels les plus stables de la planète. Une énorme variété de plantes et d’animaux prospère dans ce milieu, où rien n'a changé depuis des millions d’années. C’est pourquoi il est possible que l’ancêtre commun de tous les singes, y-compris les humains, ait ressemblé à un orang-outang. À l'exception des hommes, les orangs-outangs n'ont pas de prédateurs sérieux. Leurs connaissances diététiques de la croissance irrégulière des fruits tropicaux indiquent leur grande intelligence. Cela explique aussi leur style de vie solitaire et l’intervalle de huit ans entre chaque naissance. Un grand animal a besoin d’un important territoire de fourrageage, sans trop d’autres spécimens autour de lui consommant le même type de nourriture.

2. Brachiateurs structurels

Les orangs-outangs sont des brachiateurs structurels, ce qui signifie qu’ils sont bâtis pour sauter de branche en branche avec leurs membres supérieurs mais qu’ils sont devenus trop lourds pour pouvoir se déplacer rapidement de cette façon. Les orangs-outangs adultes sont les plus grands animaux de la terre à habiter dans des arbres, ils pèsent en moyenne (pour les mâles) 100 kilos.

3. Collecte de nourriture

Sur cette photo on voit une mère orang-outang en train de récolter l'écorce sucrée du habu-babu pour son bébé ; c'est l'un des 400 types de nourriture qu'apprécient les orangs-outangs de la forêt tropicale humide. Biruté Galdikas a goûté elle-même nombreux de ces aliments, et l'une des façons dont elle a appris à déceler la présence des orangs-outangs dans le feuillage dense est de guetter le bruit des écorces de fruit et des noyaux tombant sur le sol.

4. Le bébé essaye d’attraper la nourriture

Grâce au transfert répété de nourriture entre la mère et le bébé, les jeunes orangs-outangs apprennent quelles sont les bons types de nourriture et comment les consommer : ils regardent et imitent. Ils apprennent par l’essai et l’erreur : ils peuvent par exemple essayer de manger l’écorce d’un fruit et découvrir qu’elle est trop amère. Après s'être trompé une ou deux fois, ils ne réessaient pas.

5. Bébés

Les bébés orangs-outangs s’accrochent à la fourrure de leur mère jusqu’à l’âge de 4 ans. Ils sont très dépendants et restent avec leur mère pendant neuf ans. Les femelles ont peut-être 4 enfants durant leur vie. Les orangs-outangs mâles vivent en solitaires et ne recherchent d’autres orangs-outangs que pour s’accoupler. La durée de vie naturelle de l’orang-outang dans la nature est de 60 à 70 ans. Dans les zoos ils meurent en général vers 35 ans, mais on en a vu survivre jusqu’à 56 ans


ACTIVITé

a 1 activity pour vous à essayer dans Activités section.

MYSTèRE

Biruté Galdikas aimerait connaître la relation entre mâles et femelles dans une région donnée de l’habitat de la forêt tropicale. Les mâles vont et viennent : jusqu’à quelle distance s’éloignent-ils? Avec combien de femelles s’accouplent-ils? À quelle distance l’une de l’autre se trouvent les femelles? Quelle est la superficie de la zone de forêt où un seul mâle s’accouple, et quel est le résultat de ces accouplements? Ce sont des questions qui restent ouvertes.

Une autre chose qui ennuie Galdikas est qu’elle voit apparaître chez les hommes et les femmes modernes une attitude typique des orangs-outangs. C’est pour elle un mystère de voir les humains, qui sont normalement des créatures sociales et grégaires, devenir de plus en plus individualistes, comme les orangs-outangs. Elle dit : « Ce que les orangs-outangs m’ont appris, c’est que nous, les humains, ne devons pas tourner le dos à notre propre héritage biologique. La société moderne proclame l’idéal de l’individu robuste. Pour les hommes c’est la personnalité à la « Clint Eastwood » : l’homme Marlborough. Pour les femmes, ce sont les mères qui élèvent leurs enfants seules. L’homme occidental idéal arrive en ville, se bagarre avec le méchant, tombe amoureux et repart dans le soleil couchant. Il est fort et solitaire comme un orang-outang, mais il représente une fin évolutionnaire. De nombreux problèmes actuels sont dus à l'abandon de nos racines biologiques humaines. Nous devons considérer notre héritage humain grégaire typique; vivre et travailler dans des groupes familiaux et des communautés, si nous souhaitons avoir du succès. Sinon, nous ne sommes que des « orangs-outangs » stressés dans un cadre urbain.

Lectures d’approfondissement

Biruté Galdikas and Karl Ammann, Great Ape Odyssey, Harry N. Abrams, 2005.

Biruté Galdikas, Reflections of Eden, Back Bay Books, 1996.

Biruté Galdikas, Orangutan Odyssey, Harry N. Abrams, 1999.

Biruté Galdikas, “Orangutans: Indonesia’s People of the Forest,” National Geographic, p. 444, October 1975.

Biruté Galdikas, “Living with Orangutans,” National Geographic, p. 830, June 1980.

L'histoireCarrière