Werner Israel

La Science d'astronomie, d'astrophysique et d'espace

A rédigé la première théorie logique et précise sur la simplicité des trous noirs (1967)

"Si vous appréciez vraiment votre travail, vous n'avez jamais besoin des vacances."

Werner Israel s'étire et se détend dans la chaise du coiffeur, tout en rêvassant. Il réfléchit à sa prochaine retraite et son déménagement vers Victoria, en Colombie Britannique, pendant que la coiffeuse lui pose une cape protectrice sur les épaules qu’elle attache derrière son cou. C'est une jeune femme d'environ 20 ans, qui lui coupe les cheveux depuis deux ans environs. La boutique du coiffeur se trouve dans un petit centre commercial d'Edmonton, pas très loin de l’université d’Alberta où travaille Israel. Il est en train de regarder par la fenêtre, lorsque la jeune femme le tire de sa rêverie en lui demandant «  Et qu’est ce que vous enseignez, au juste ? » 

Israel enseigne la cosmologie, mais il ne répond pas tout de suite. Quelques semaines plus tôt, il a été interviewé pour un programme de télévision et le journaliste avait préparé par erreur  tout un jeu de questions sur le maquillage et la cosmétologie…Il ne veut pas que cette erreur se reproduise et décide donc d'expliquer à la coiffeuse la différence entre la cosmologie et la cosmétologie; la cosmologie n’a rien à voir avec le rouge à lèvres ou l’ombre à paupières. Il commence par expliquer quelques idées de base, sur l’univers et la possibilité que celui-ci soit né du rien, sur la théorie du big-bang -- l'idée qu'un faux état de vide pourrait être la source de l'énorme quantité d'énergie qui doit être venue de nulle part pour créer quelque chose en un instant -- et il explique aussi comme les cosmologistes peuvent prévoir avec exactitude les quantités relatives d’éléments qui ont été crées au moment de cette création. 

La coiffeuse lui coupe les cheveux tout en écoutant attentivement. 

Israel décrit alors ses propres recherches sur les trous noirs, qui sont des objets incroyablement massifs et dont la gravité est si forte qu'ils attirent et engloutissent presque toutes les choses, y compris la lumière. Il se laisse emporter comme toujours, lorsqu’il explique certaines de ses théories sur ce qui se passerait si on tombait dans un trou noir, et il ne remarque même pas que la coiffeuse a fini de lui couper les cheveux. "Je suis terriblement désolée de vous avoir ennuyée avec toutes mes explications sur la physique" s'excuse t'il auprès de la coiffeuse.

“Oh non, c’était absolument passionnant, tout ce que vous racontez sur la cosmosis,” s’exclame t’elle. 

Israel paye comme d’habitude les $12 pour la coupe et le pourboire, puis s’en va dans le soleil de printemps, en se demandant la signification précise de ce mot nouveau inventé par la jeune coiffeuse. Bah, au moins cette fois, il n’était pas cosmétologue.

Le jeune scientifique ...

À l’âge d’environ neuf ans, les deux parents de Werner Israel tombèrent très malade et durent être hospitalisés. Werner et son frère se retrouvèrent à l’Orphelinat Juif du Cap, en Afrique du Sud, pendant quatre ans. Mais ces années ne furent pas malheureuses. Israel se rappelle comment, un jour, après que son père ait commencé à aller mieux, il arriva un jour avec des tomes d'encyclopédie qu'il avait obtenu d'un colporteur en échange d'un vieux costume. Son père avait eu l'intelligence de reconnaître les talents de son fils, et le jeune Israel passait de nombreuses heures à contempler ces livres. 

Israel développa une fascination pour les étoiles et la cosmologie lorsqu’il était enfant, mais il dut apprendre tout seul un peu de mathématiques afin de comprendre ce qu’il lisait. Il se rappelle les moments passés sur la plage du Cap, lorsqu’il avait 12 ans, à étudier Le Calcul sans Peine de Silvanus P. Thompson, et il n’a jamais oublié l'épigraphe sur la première page : "Ce qu'un idiot peut faire, un autre idiot peut aussi le faire.” 

À la fin des années 1950, Israel travaillait à l'institut de Dublin, en Irlande, en tant qu’étudiant boursier, et quand sa période de recherche à cet institut fut presque terminée, il commença à chercher un travail et découvrit qu’un poste de professeur assistant était disponible à Edmonton, au Canada. Il n’avait à l’époque aucune idée de l’endroit où se trouvait Edmonton, mais il savait que c’était là que travaillait le mathématicien Max Wyman. Les articles qu’avait rédigé Wyman sur la théorie de la relativité étaient bien connus d’Israel et c’est pourquoi en 1958 il décida de déménager pour Edmonton avec sa femme Inge ; ils y restèrent pendant environ 40 ans.

Lu Werner Israel's réponse aux questions...La science